Une équipe internationale de chercheurs a découvert une super-Terre potentiellement habitable en orbite autour d’une étoile proche. Cette planète se situe dans la zone habitable de son étoile, où les températures ne sont ni trop chaudes ni trop froides pour permettre à l’eau d’exister à l’état liquide à la surface.

L’étoile hôte est l’un des membres d’un système à trois étoiles, et est relativement différente de notre Soleil. Elle possède une abondance bien plus faible en éléments plus lourds que l’hélium, comme le fer le carbone ou encore le silicium. Cette découverte indique ainsi qu’il est possible que des planètes habitables existent dans une plus grande variété d’environnements que ce que l’on le pensait jusque là.

L’équipe de chercheurs, menée par Guillem Anglada-Escudé et Paul Butler de la Carnegie Institution for Science, a utilisé des données de l’ESO (European South Observatory) qu’elle a analysées à l’aide d’une nouvelle technique. Les scientifiques ont également incoroporé de nouvelles mesures du télescope Keck à Hawaii ainsi que du télescope Magellan II au Chili. Pour détecter des planètes, les chercheurs mesurent les petites oscillations dans le mouvement d’une étoile, causées par la gravitation des planètes.

L’étoile, appelée GJ 667C est une étoile naine de type M. Les deux autres étoiles de ce système triple sont elles des naines de type K, oranges, avec une concentration en éléments lourds quatre fois plus faible que le Soleil. Ces éléments sont les constituants fondamentaux des planètes rocheuses, on pensait donc qu’il était beaucoup plus difficile pour les étoiles avec une faible abondance de métaux (en astrophysique, tout ce qui n’est pas de l’hydrogène ou de l’hélium est appelé métal) d’avoir de nombreuses planètes de faible masse. En effet, les astronomes ont découvert qu’il y avait au moins une autre planète orbitant cette étoile, peut-être même deux ou trois!

© Guillem Anglada-Escude

Il est facile d’extrapoler et ceci n’est qu’une supposition, mais cette découverte semble indiquer que la galaxie pourrait abriter des milliards de planètes habitables.

L’étoile GJ 667C, située à seulement 22 années-lumière, était déjà connue pour avoir une super-Terre (GJ 667Cb) avec une période orbitale de 7.2 jours (ce qui signifie qu’il faut 7.2 jours à la planète pour compléter une orbite autour de l’étoile), bien que la découverte n’ait jamais été publiée. A cette distance, la planète est bien trop chaude pour pouvoir contenir de l’eau liquide. Cette nouvelle étude avait pour but de déterminer les paramètres orbitaux de cette super-Terre.

La planète nouvellement découverte (GJ 667Cc) possède une période orbitale de 28.15 jours et une masse équivalente à au moins 4.5 fois celle de la Terre. Par rapport à la Terre, cette planète reçoit environ 10% de lumière en moins. Cependant, étant donné que la majeure partie de cette lumière est dans l’infrarouge, une plus grande quantité d’énergie est absorbée par la planète. En prenant en compte tous ces paramètres, la planète absorbe à peu près autant d’énergie en provenance de son étoile que la Terre en provenance du Soleil.

Ainsi, cette planète représente à l’heure actuelle le meilleur candidat pour contenir de l’eau liquide et, qui sait, peut-être abriter la vie telle que nous la connaissons.

L’équipe a également observé que le système semble contenir une planète géante gazeuse et une autre super-Terre avec une période orbitale de 75 jours: des études plus approfondies sont nécessaire avant de pouvoir confirmer quoi que ce soit.

Enfin, la chasse aux exoplanètes continue, et leur nombre ne cesse de grandir. Alors que l’on détecte les premières planètes potentiellement habitables, la route ne semble plus trop longue avant de pouvoir découvrir si la vie existe bel et bien ailleurs que sur Terre (il faudra quand même attendre quelques années et des améliorations technologiques). Les années à venir promettent d’être plus que passionnantes.

 

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