D’après les observations du télescope spatial Kepler, si les astronomes veulent trouver d’autres Terre, il leur faudra regarder du côté des étoiles de faible masse et à forte métallicité.

De nouvelles recherches ont révélé que , comme leurs cousines géantes, les planètes rocheuses orbitent plus vraisemblablement des étoiles à forte métallicité. De plus, ces planètes sont plus nombreuses autour d’étoiles de faible masse. Cela pourrait avoir d’importantes applications pour la recherche de la vie ailleurs que sur Terre.

Kevin Schlaufman et Gregory Laughlin de l’Université de Californie à Santa Cruz ont étudié les 997 étoiles autour desquelles Kepler pourrait avoir détecté des exoplanètes. Ils ont confirmé qu’à la fois les planètes de grande et de petite tailles orbitent plus probablement des étoiles à forte métallicité.

En astronomie, tout ce qui n’est pas de l’hydrogène ou de l’hélium est considéré comme un « métal ». Des étoiles à forte métallicité contiennent une quantité significative d’autres éléments. Ces métaux ont été formés lorsque les toutes premières étoiles, composées d’hydrogène et d’hélium, ont éjecté leur contenu dans l’espace en explosant en de violentes supernovae

Il n’est pas si surprenant que les planètes terrestres se forment plutôt autour d’étoiles métalliques: celles-si se forment en effet à partir des mêmes matériaux que leurs étoiles.

Les étoiles se forment par compression de gaz et de poussières, et le disque de résidus en rotation autour de l’étoile est le berceau des futures planètes.

Avant Kepler, suffisamment de planètes géantes avaient été localisées pour pouvoir affirmer que celles-ci se forment autour d’étoiles riches en métaux. En revanche, très peu de planètes rocheuses ayant été alors découvertes, il était très difficile de se prononcer à leur sujet.

© NASA/Kepler Mission/Dana Berry

Tout a changé en Février, lorsque la NASA a annoncé la découverte par Kepler de 68 planètes similaires à la Terre et de 288 super-Terre (il s’agit en fait de planètes candidates – d’autres analyses avec d’autres instruments devront confirmer ou non leur existence). Cette mine d’or d’informations a permis d’établir des corrélations à propos des types d’étoiles que des planètes moins massives orbitent.

Parce que tous les types de planètes se forment probablement autour d’étoiles riches en métaux, cela permet d’estimer à peu près quand ces planètes ont pu commencer à se former dans la galaxie. A chaque génération d’étoiles, les quantités de métaux augmentant, il est alors de plus en plus facile de former une planète.

Cela n’aurait pris que quelques milliards d’années, ce qui permet de contraindre la possibilité de trouver d’autres civilisations avancées, puisque les planètes – et donc la vie – n’auraient pas pu se former dans le jeune Univers.

Evidemment, le nombre d’exoplanètes découvertes augmentera avec le temps, et les astronomes pourront affiner les liens entre les planètes et leurs étoiles.

Dans leur étude, les deux chercheurs ne se sont pas limités à la métallicité des étoiles. Ils ont aussi observé que des planètes terrestres se trouveront plus probablement autour d’étoiles de faible masse.

La raison est simple: les géantes gazeuses ont besoin de beaucoup de masse pour se former. Des disques plus grands mèneront plus probablement à la formation de planètes massives, et des disques plus petits à la formation de planètes rocheuses, moins massives. Les étoiles plus massives que le Soleil ne vivent que quelques milliards d’années, tandis que les étoiles moins massives vivent beaucoup plus longtemps. Cela donne plus de temps à une planète pour que la vie s’y développe, et que celle-ci évolue en une civilisation avancée avant la mort de son étoile.

Les chances de trouver d’autres formes de vie augmentent avec le nombre de planètes découvertes, plus particulièrement avec le nombre de planètes rocheuses. Ces nouveaux résultats devraient apporter une aide précieuse pour leur recherche. Evidemment, le petit nombre d’étoiles que Kepler observe introduit probablement un biais dans les analyses, mais ce sont de toutes façons des résultats très intéressants.

Il semblerait donc que pour découvrir d’autres Terre, il faille chercher du côté des étoiles riches en métaux. Des étoiles comme notre Soleil, en fait… Sachant qu’à peu près la moitié des étoiles de notre Voie Lactée sont similaires à notre Soleil, ce n’est pas la place qui manque…

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